jeudi 3 novembre 2022

Au sommet de mon rêve : Le Népal

 

Au sommet de mon rêve,

Le Népal

Du 5 Novembre 2021 au 22 Novembre 2021

 


 

Introduction

               On m’a dit un jour que réaliser son rêve à trente ans, c’était une chance. C’est avec cette pensée que je débute l’écriture du récit de mon rêve. Oui, je réalise à présent la chance que j’ai d’avoir pu entreprendre un si beau voyage, de le mener à bien, et d’en avoir rapporté autant. Ce n’était pas seulement douze jours de randonnées, c’était une vie de dix-huit jours à laquelle j’ai l’impression d’avoir songé depuis ma naissance. Le Népal, c’est un peuple, des montagnes, des couleurs, une culture et une philosophie. C’est aussi, je crois, la destination enviée de tous les randonneurs, les rêveurs de grands espaces, les hippies des années 70, les bouddhistes en herbe, les âmes perdues et les sportifs en quête d’intensité.

               Je ne pourrais jamais retranscrire ce que j’ai réellement ressenti pendant ce voyage, parce que certaines choses ne peuvent s’écrire. Mais je peux quand même vous emmener avec moi au fil des pages, des mots, et de quelques photos.

 

 

Chapitre1

DÉPART

 

Vendredi 5 Novembre 2021, 15h30


               Notre appartement se situe à environ quinze minutes de la gare la plus proche. L’idée de sortir de chez nous pour nous rendre au Népal à pied étant séduisante et marrante, c’est ce que nous décidons de faire avec Damien. Alors, c’est avec nos valises sur l’épaule et nos sacs sur le dos que nous tournons le dos à notre domicile. J’ai du mal à réaliser. Mais comme il reste encore trois trains à prendre et deux avions avant d’arriver à Katmandou, je bride mon excitation. On sait jamais !

 

 

Dans le train pour Lyon, nous partageons un compartiment avec deux jeunes qui parlent espagnol. Alors que je réorganise mon sac à dos, l’un d’eux avise mon guide sur le Népal, le « Lonely Planet », et nous demande un peu surpris si on est en route pour ce pays. C’est, je l’avoue, avec une énorme fierté que je réponds par l’affirmatif. Les yeux des deux inconnus se mettent à briller, et moi mon cœur menace d’exploser de joie. Le voyage commence à peine, et j’ai déjà envie de hurler ma joie autour de moi !
               Après 50 minutes d’attentes à Lyon dans une gare blindée, nous montons dans le dernier train qui nous conduira à Paris ! Papa vient nous saluer, et les voyageurs autour de nous doivent bien se demander qui est ce groupe de trois personnes exubérantes. Mais on s’en fiche. Il y a trop longtemps qu’on l’attend, ce voyage !

               Nous passerons une nuit tranquille dans un F1 pas terrible. Mais, si on voulait du confort, on aurait sans doute choisi une autre destination que la vallée de l’Everest !

Samedi 6 Novembre 2021, 14H

               L’aéroport est immense ! La dernière fois que j’ai mis les pieds dans un endroit pareil remonte à plus de dix ans. Je regarde avec fascination les gens se préparer à partir aux quatre coins du monde. Des amis se retrouvent avec joie, des hommes et femmes d’affaires se pressent sans rien voir parce qu’ils ont l’habitude, des familles entières bataillent avec leurs montagnes de bagages… bref, de quoi détourner mon esprit du vol imminent. On change nos euros en dollars (en découvrant avec surprise qui suivant l’endroit où on fait le change, on est plus ou moins gagnant), on passe l’enregistrement après avoir rencontré trois de notre groupe, puis on tente de manger. Moi, je n’y arrive pas : je suis bien trop stressée !
               Enfin dans l’avion, mon cœur bat si vite que j’ai la sérieuse impression qu’il va me lâcher. « Mais de quoi as-tu peur ? me demande mon père au bout d’un moment.
               — Eh bien… de mourir ! »
               Étrangement, énoncer à voix haute ma plus grande peur me libère un peu. Mais moins que la réponse très logique de mon père : « Tu sais, les hôtesses de l’air et le pilote veulent sans doute rentrer chez eux aussi. Ils maîtrisent, ne t’inquiète pas. » C’est vrai, bon sang ! Il faut que je me détende ! L’avion est immense, spacieux, beau… agréable. Pas au point de rendre le décollage moins terrifiant, mais ça y est, on est dans le ciel, Paris devient de plus en plus petit, je peux souffler. C’est le baptême de l’air pour Damien, mais il semble seulement préoccupé par le nombre de films incalculables qu’on va pouvoir regarder pendant les presque sept heures de vol.
               On nous sert le repas à 16h30. Curieux… mais en réalisant qu’il est 19H30 à Dubaï, on décide de se mettre immédiatement à l’heure de notre pays de destination en faisant honneur au repas. En plus, ça occupe ! Donc, on mange, on dort, on regarde deux films, et on atterrit. C’est simple, finalement.

               Là, les heures se mélangent. Ma monte indique 21h15, mais il est 00H15 et à Katmandou il devrait être 2H. Je décide de laisser faire et de passer les portiques de sécurité, le bus et les navettes dans une bulle intemporelle que l’on ne peut visiter que durant ce genre de voyage.
               Il est 3H à Dubaï, et on décolle. L’avion est plein de Népalais ! Et ils ont tous l’air bien plus sereins que moi quand on quitte le sol une nouvelle fois.

Dimanche 7 Novembre 2021

               Nuit chaotique. L’avion est plus petit, moins confortable. Il fait froid, mais je suis fatiguée et parviens donc à dormir une heure ou deux entrecoupée. Damien et mon père dorment aussi, et c’est sans regret qu’on loupe un nouveau repas. On va finir obèse…
               Et puis, le jour se lève. Dans les hublots d’en face, les montagnes apparaissent soudain. Je n'ai aucune idée de leurs noms, mais une grosse émotion me gagne. Je me suis souvent imaginé ce que me procurerait la vision de mes premiers hauts sommets dans le pays de mes rêves. Mais rien ne se passe comme je l'avais pensé. Je suis juste subjuguée par la vision, incapable de détourner mon regard de ces cimes immaculées, et un large sourire s'étend sous mon masque. J'ai la gorge un peu nouée aussi, je dois l'admettre. Dans tous les cas, la fatigue empêche mon cerveau de vraiment fonctionner, je crois. Et puis, l'avion commence à perdre de l'altitude et on aperçoit bien comme il faut les villes et villages autour de Katmandou. J'ai les larmes aux yeux. Enfin ! Enfin le Népal est là, à quelques mètres sous mes pieds !

 

Quand je descends, une femme népalaise s'agenouille pour embrasser le sol. Je vous jure que j'ai envie de faire pareil. Il fait beau, chaud, et j'ai hâte de sortir de l'aéroport !

 

Sauf que c'est long. Je vais passer les détails et avancer de presque trois heures avec un visa en plus et une valise en moins (ça arrive, et je suis si heureuse d'être à Katmandou que ça me passe un peu au-dessus ! Je suis la première surprise par ma réaction, moi la grande stressée. Surtout que mon duvet bien chaud est quelque part entre la France et ici. Mais, au moins j'ai mes chaussures de randonnées, mes bâtons, et mon appareil photo. C'est tout ce qui compte !).

               Enfin on sort de l'aéroport ! Je m'attendais à la cohue, mais non. Les gens qui attendent les voyageurs sont sagement derrière des barrières, et on n'est pas pressés par des chauffeurs de taxi ou autre. On rencontre enfin notre guide, Pasang, qui nous souhaite la bienvenue avec les traditionnels foulards blancs (Google m'explique sympathiquement que c'est une Khata, écharpe de félicité). Je dis à Damien et papa que je la garderai toute ma vie, et c'est non sans émotion. Pasang va prendre en main ma valise perdue, je suis donc soulagée. Car, mon mauvais anglais et moi avons un peu eu du mal à nous faire comprendre dans l'aéroport (et la grimace de la femme quand j’ai parlé de l’aéroport de Lukla le lendemain m’a un peu contrariée). Un truc en moins ! (Et, si je ne la retrouve jamais, ça fera un truc à raconter).

 

Trajet en bus jusqu'à notre hôtel (le Royal Singi Hotel, ça rigole pas !). Motos partout, taxis, singes, nœuds de fils électriques... c'est dépaysant, et là, plus de doute, on y est ! Après un petit brief avec le groupe et le guide, on monte dans les chambres pour y jeter nos affaires et repartir directement manger en ville. Il est midi (17H française), et on se dit que si on se pose on ne va jamais repartir.

"Mandala Street", unique rue piétonne de Katmandou !

Je découvre des rues sales, qui sentent mauvais malgré le masque (que je garde autant parce que c'est "obligatoire" que pour me préserver de la pollution); des chiens errants de partout, mais sages; une circulation terrible et chaotique qui me donne des sueurs froides à chaque carrefour à traverser, des klaxons à tout va... Mais que j'attendais tellement à pire que ça va. On a réussi à changer notre monnaie en roupies népalaises (on a l’impression d’être riche, car 1000 roupies =7€35), puis on trouve le quartier touristique de Thamel. On mange un hamburger dans un petit restau. Je suis un peu stressée et anxieuse car c'est la première ville de ce genre que je visite. J’ai du mal à trouver mes repères et m’accroche à chaque petit bout d’occidentaliste. J'ai donc du mal à terminer mon assiette, surtout que j'ai la trouille de la fameuse "tourista" ! Mais, tout va bien.

 

               On déambule dans Thamel jusqu'à trouver l'unique rue piétonne de toute la ville. Un bol d'air et de calme qui fait vraiment du bien, même si c'est tout petit ! Ensuite, on tente de trouver les stupas qu'il faut voir. On en déniche une en prenant une petite ruelle qui débouche sur une place vraiment étonnante ! C'est indescriptible. On dirait que les statues et monuments sont sortis de terre comme des champignons, au petit bonheur la chance.

 


 

 

             Quand on part de la place relativement calme, on enchaîne deux rues avec des marchés. Ça grouille de monde, ça hurle des messages enregistrés dans des haut-parleurs pour faire la manche (des voix d'enfants à chaque fois...), les scooters nous frôlent, je ne me sens pas en sécurité et j'ai vite besoin de calme. Je demande grâce et nous retournons à l’hôtel pour nous étendre un peu. Il est 15h30, et quand le réveil sonne à 17h, je ne sais plus du tout où est le haut, le bas, la droite, la gauche... bref, oui : j'ai la tête dans le cul ! Honnêtement, si nous avions été seuls avec Damien, nous aurions probablement dormi jusqu'au lendemain ! Heureusement, papa est plus rodé niveau voyage, et ça nous motive à sortir à nouveau. Et tant mieux ! Est-ce la petite heure de sommeil ? Les guirlandes allumées partout ? (C'était Diwali trois semaines avant). Les rues me semblent plus familiales, détendues, chaleureuses.

 

 

 

 

Thamel de nuit                          Dans le bar Vino Vita

               On va boire une bière au Vino Vita dans la rue piétonne de Thamel. La musique est trop forte, mais on passe un bon moment. Puis on va manger en face, au New Orleans Cafe. Coup de cœur pour cet endroit (même si j'y vois mon premier rat !). Je goûte enfin les momos, spécialité népalaise dont j'avais lu grand bien. Frit ou à la vapeur, ce sont des petits beignets principalement au poulet mais que l'on peut décliner à l'infini ! Pour accompagner le tout, papa et moi buvons notre première bière Everest ! Depuis le temps que je l'attendais !

               On quitte le restau pas trop tard pour aller nous coucher tôt ! Le décalage horaire se fait sentir, et demain on se lève à 4H pour prendre un autre avion. Alors, bonne nuit !

  


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