System of a Down… j’écoute
depuis tellement longtemps qu’il n’y a pas grand-chose à en dire (contrairement
à
Rammstein ).
J’ai commencé à écouter quand j’étais en troisième. Un copain était fan, j’ai
bien aimé, et il avait gravé les CDs pour mon frère (devenu fan).
Je me souviens de nos vacances d’été en Auvergne avec mon frère et mes grands
parents. De la musique classique à fond dans la bagnole, sortant d’une radio
qui grésillait sans capter qu’une note sur trois. Et mon frère et moi de nous
lancer des coups d’œils furtifs, avec nos baladeurs CD visés aux oreilles d’un
air de dire « help. Please, help. ». Mais malgré SOAD à fond, la grand-mère
gagnait toujours.
Bref ! Ça fait parti de ces groupes qui m’ont accompagnés toute mon
adolescence et qui sont encore là maintenant, jeune adulte que je suis !
Alors, quand Axel m’a dit « Putain, SOAD passent à Lyon en 2015, et c’est
la seule date française ! On y va ? », j’ai fais « euh, ouais,
attends je réfléchis » et lui il a fait « non t’as pas le temps, dans
deux jours y aura plus de billets ». Bon, ben ok !Ssix mois avant
alors que j’étais au chômage, c’était du suicide. Je doutais les voir et
pensais réellement devoir revendre ma place dans le cas où je trouverai du
boulot.
MAIS… parfois la malchance fait (très ) bien les choses : j’bosse pas
cette semaine ! Et en plus, 48h après la mise en vente, y avait plus de billet.
Youhouu ! C’est parti ! 15h45, on décolle pour Lyon. 2h30 de voiture,
un thermos de café bien chaud à l’arrière de la voiture en prévision du retour,
et roulez jeunesse !
Ce p*tain de trajet est
trop long. On a trop hâte ! On révise donc nos classiques à fond dans la
voiture !
On se gare à 18h30. Axel a
pensé aux bière mais pas au décapsuleur. Haha ! Pas grave. On embarque les
bières et on tente de trouver la salle de concert. Au loin, des métalleux. Ça doit
être vers… d’ailleurs, ils sont penchés sur un plan et quand ils nous voient
arriver, ils nous observent et lancent un soulagé « ah c’est bon, c’est
par là ! » (truc de fou comme on a le « look » du concert
auquel on va, non ?) On les suit… ils ont un pack de bière en plus !
Mais l’un d’eux tente d’ouvrir la sienne sur un poteau ( ?! gné ?)…
donc c’est mort pour le décapsuleur.

Après un dernier
aller-retour à la voiture, on file pour la Halle Tony Garnier. Il est 18h45,
pas le temps de manger… et en même temps ça nous fait chier : on a la dalle. Donc,
quel bonheur de voir un stand de kébab juste avant la salle de concert !
Mauvaise idée. 6€ le kébab dégueu qui finira rapidement à la poubelle. En plus, Axel tente d’ouvrir
sa bière avec un mur et échec critique : de la mousse partout. Mouahaha ça
commence bien tout ça ! Heureusement, il trouvera un gars et un briquet
pour ouvrir la mienne… que je bois, montre en main, en 2 minutes. Ben ouais…
faut rentrer. Donc à peine dedans, que faisons-nous ? Eh bien on va s’acheter
une autre bière, pardi ! Et des bouchons d’oreilles, parce que j’ai oublié
les moins et que je ne veux pas mourir.
Une fois dans la salle, c’est
l’hésitation. Fosse, pas fosse ? Moi, je suis agoraphobe, un peu. Et
petite. Mais Axel a envie, moi je me suis préparée psychologiquement, et au
dernier concert de Rammstein, dans les gradins, je m’étais fait chier. Donc…
allez. Fosse.
J’y crois à peine d’accepter
ça, mais on y est, on y est.
Il est 19h45, on attend
que ça commence, c’est long. Un gars vient me demander si je ne suis pas
Arménienne, parce que j’ai le nez des Arméniens ( ? ok ?)… du coup on
tape la discute avec le trio de gars bizarres. C’est marrant, ça fait passer le
temps.
Bon, il est 20h15, c’est
long (bis). On est sous un des quatre écran géant, au top, puisque la première partie
est un film, parait-il.
20h20, ça débute ! Le
film, c’est un résumé du génocide arménien (appelons-le comme ça), en dessin
animé. Génial, émouvant, et fuck les Etats-Unis (c’est le message ;) ). JE vous laisse avec le message de Soad...
Le premier génocide du 20ème siècle
fut perpétré par les turcs ottomans contre les populations arméniennes,
grecques et assyriennes de l'empire. L'incapacité à empêcher ces atrocités ou à
en punir les responsables entraina le cycle des génocides contemporains.
Au lendemain de ce massacre de masse
de la première guerre mondiale, il n'y eut pas d'équivalent du procès de
Nuremberg, pas de cour internationale pour livrer à la justice les coupables ou
offrir des réparations et des droits à leurs victimes. En lieu et place de la
justice, la Turquie tira profit de sa situation géopolitique capitale sur la
route du pétrole afin de bloquer le plan de Woodrow Wilson visant à restaurer
les frontières arméniennes et indemniser le pays.
L'État turc, ayant fuit ses
responsabilités dans cette tentative d'annihilation de toute une nation,
continue de récolter les lucratifs fruits de ce crime. De nos jours, ses
leaders, enhardis par l'inaction internationale, tentent d'imposer le silence
en empêchant les États-Unis et les autres gouvernements de parler honnêtement
de cette atrocité.
Les épouvantables récits du premier
génocide moderne firent la une du New York Times dès 1915. La réponse
humanitaire des États-Unis à ce crime, de la croix rouge nord américaine à
l'office de secours pour le proche orient, signa l'émergence de l'Amérique en
tant que puissance sur la scène internationale de l'aide humanitaire.
Toutefois, malheureusement, c'est l'incapacité de la communauté internationale
à punir les responsables de ce massacre qui instaura le dangereux précédent
d'un génocide commis en toute impunité, ouvrant la voie aux tyrans, de Hitler à
el-Béchir, pour faire du meurtre de masse un outil de politique et de
puissance.
L'armée allemande, alliée aux turcs
ottomans, voyant la Turquie échapper à ses responsabilités, tira un redoutable
enseignement de cette atrocité, constatant la volonté du monde de fermer les
yeux sur l'extermination planifiée de tout un peuple sous le couvert d'une
guerre. Un jeune soldat allemand de la grande guerre nommé Adolf Hitler le
souligna plus tard « QUI SE SOUVIENT ENCORE DES ARMÉNIENS ? » alors
qu'il orchestrait ce qu'on appelle depuis l'Holocauste.
Notre réponse : NOUS NOUS EN
SOUVENONS !
Nous ne permettrons pas que le crime
de despotes, couplé à la cupidité des puissances internationales et leurs
intérêts pour l'acquisition de ressources puisse ré-écrire notre Histoire.
Malgré la convention des Nations
Unies sur le génocide et les témoignages indépendants de nombreux organismes
internationaux - dont l'Atrocities Prevention Board (Conseil de Prévention des
Atrocités) nord américain - le pire des virus inventé par l'Homme continue de
se répandre car la réponse mondiale à un génocide est considérée comme un choix
politique, pas un impératif moral.
En demandant une résolution
véritable et juste sur le génocide arménien, nous disons Plus Jamais à tous les
génocides. Plus Jamais nous ne regarderons ailleurs alors que des gens sont
assassinés à cause de leur appartenance à un peuple, un groupe ethnique ou
religieux, comme ce fut le cas en Turquie, dans l'Europe occupée par les nazis,
au Cambodge, au Timor Oriental, au Rwanda ou au Darfour.
Il existe déjà des âmes courageuses
en Turquie, qui - au risque de poursuites, de persécutions et même de violences
- appellent ouvertement à la reconnaissance et la réparation du génocide
arménien. De nombreux autres citoyens turcs partagent ces valeurs humanitaires,
mais ne se sont pas encore exprimés - intimidés par un gouvernement qui a, trop
longtemps, entravé la paix que seules la vérité et la justice peuvent apporter.
Il est temps de briser le silence.
Alors que nous célébrons ce
centenaire solennel, rejoignez-nous aux côtés de toutes les personnes de bonne
volonté en Turquie afin de nous dresser ensemble pour la vérité et la justice,
et demander à leur gouvernement et leur parlement de reconnaître la
responsabilité morale et matérielle de la République de Turquie dans le
génocide arménien.
Avec votre aide, un tel pas en avant
du peuple de Turquie dans un esprit de solidarité internationale, de sincère
compassion et de justice ne guériront pas seulement les blessures d'un
génocide, mais représentera plus largement une étape décisive vers une nouvelle
ère - une ère sans génocide.
Merci,
System Of A Down
… et
ça commence. Contente de les voir sur grand écran, parce que perso, je vois pas
la scène. Et là, Axel qui me dit «
viens on s’avance ! » euuuuh…
ok. Je le suis en bousculant les gens, et je me retrouve d’un coup coincée au
milieu d’un endroit totalement… inconnu… vers le devant de la scène. Axel
continu à avancer, je me retrouve seule à « pogoter » et sauter sur
des musiques que je devine plus qu'autre chose. Alors franchement. Hein, franchement… Se prendre des coups de
coude dans les côtes et le dos, c’est pas top. Se prendre une chemise trempée
de sueur dans la tête sortie de nulle part, c’est rigolo, pas franchement
dégueu. Le vaporisateur de bière dans les cheveux, ça rafraichit, mais ça pègue … Ne pas
voir ni la scène ni les écrans… et ne pas entendre le groupe, mais les gens qui
chantent autour de moi… Et puis… c’est quoi ce courant d’air ? Oh mais y a
de l’air, ailleurs ? Mais au fait, qu’est-ce que je fous là ? Allez, après
quatre musiques je me casse. Mais essayez de quitter une fosse quand vous
faites 1m57 et que vous êtes seule. Ça a été épique… Mais j’ai réussi !

Bon sang, mais on entend
le chanteur chanter en fait ! RÉVÉLATION !
C’est décidé, je reste en
dehors des pogos. Ok, y a personne qui saute et je me sens un peu seule mais j’en
ai un peu rien à faire. Je mets les bouchons d’oreille en me rappelant que j’en
ai acheté et que je ne veux pas être sourde. Mais après deux musiques, je
réalise que j’ai l’impression d’être dans une autre pièce. Le son est pourri,
seule les basses passent à travers les protections et j’entends presque pas le
chanteur. Hop, on vire. System of a Down, ça sera probablement qu’une fois dans
ma vie, je peux bien endurer quelques jours d’acouphènes.
A la deuxième partie, Axel me retrouve. Alors
lui il a dû perdre 18 litres d’eau. Mais il est vivant ! Et franchement, je
suis bien contente parce que toute seule, c’était moins drôle. Là, je commence
vraiment à m’éclater. On trouve un endroit où les gens bougent un peu plus tout
en ayant de l’air pour respirer, une petite vue sur la scène (quand je saute),
et une belle sur les écrans. Au top !
Le concert est long (2h ! :D
). Les morceaux s’enchainent plutôt rapidement, et l’ambiance ne baisse pas. J’aime
l’ambiance, d’ailleurs. Ça m’avait manqué. Les métalleux qui bougent, les
cheveux qui volent, la fumée, l’odeur du cannabis partout, le sol collant de
bière, la musique violente qui heurte les oreilles, fait vibrer et défoule. Au
top. Ce n'est pas ironique... C'est juste que la petite Auriane bien sage à l'extérieur aime la grosse ambiance, disons, "underground".
Mon seul point négatif ? Un son de merde. Il fallait vraiment deviner les parties instrumentales, donc bien connaître le groupe. Une nana à côté de moi est venue juste pour accompagner son copain, sans connaître le groupe... ben à mon avis, elle a dû trouver ça bien insipide. Alors que pas du tout, c'est top, ce groupe, top top top !
Donc la salle de concert ferait bien de faire des efforts... Je pense.
On a même eu droit à un début d’un morceau de Dire Strait, à l’hymne arménien… au drapeau arménien… à un chanteur qui sourit tout
le temps (c'est mon nouveau chouchou !)… 2h de concert, mais trop court.
Je suis aussi vraiment agréablement surprise de voir sur le rideau derrière le groupe se projeter une montagne. Laquelle, je ne sais pas, mais putain, c'est un signe ! SOAD + Montagne = Auriane ravie.